Pourquoi le "je" est si difficile à dire ?

Comme je l'ai déjà évoqué dans l'article "Le Pouvoir de dire je", je constate plusieurs bénéfices à parler en mon nom :

  1. Je crée une résonance particulière avec mon/mes interlocuteurs.
    En parlant de moi avec sincérité et ouverture du cœur, je les amène à s'ouvrir à leur tour.
  2. Je me concentre sur ce qui est à ma portée - mes désirs et mes émotions - plutôt que sur un monde inaccessible, lointain, pour lequel je ne peux pas grand-chose.
  3. Je reste centré et à l'écoute bienveillante de mon enfant intérieur - la part de moi qui ressent - cela me procure une joie immédiate et simple.

Alors pourquoi ne pas le faire plus souvent ?

  • Utiliser le "Je", peut-être perçu comme prétentieux.
    De mon point de vue, ce n'est pas de dire "je" qui est en cause mais ce que je dis. Si je prétends me placer au-dessus des autres, être meilleur, cela générera sûrement une perception négative. Mais si je me contente de parler de moi, de mes ressentis, de mes envies, je ne crois pas que cela puisse arriver. Au contraire, je constate que de parler de mes émotions génère plutôt de l'attention et l'envie de l'autre d'en faire de même.

  • Mes émotions n'intéressent personne.
    Pour certaines personnes coupées de leur émotions, comme mon père par exemple, qui pouvait me dire "les ressentis, ça n'existe pas", il peut être difficile d'entendre les émotions de l'autre et de son fils en particulier. Je suis persuadé qu'il s'agit d'un mécanisme de protection. Certains individus, notamment ceux qui ont fortement développé leurs capacités mentales peuvent s'être tellement éloigné de leurs ressentis qu'il ne les perçoivent plus. Cela ne veut pas dire que mes émotions n'intéressent personne. Elles peuvent être simplement difficiles à entendre pour certaines personnes.

  • Je ne dois pas me faire remarquer.
    Je crois que la retenue d'être soi-même est un puissant frein à l'utilisation du "je". Depuis l'enfance, pour beaucoup d'entre nous, la constitution de notre identité s'est trouvée confrontée à la demande de conformisme de notre environnement. "Sois sage", "Reste tranquille", "Fais attention", "Fais pas çi, fais pas ça " sont autant d'injonctions qui ont pu brider notre singularité. La pression médiatique de la société de consommation, qui nous pousse à agir tous de la même façon, ne facilite pas notre émancipation. N'oublions pas cependant que dans une société où les machines pourraient remplacer plus de la moitié des emplois dans les vingt ans qui viennent, nos différences sont une protection à la "moutonnisation" en marche.

Au delà des croyances à franchir, me positionner en "je" m'amène à prendre plus de responsabilités. Quand je dis "je", je ne me cache plus derrière un "on" ou un "nous" protecteur.

 

Du coup, par confort ou par peur du risque, il m'est souvent plus facile d'y renoncer.

 

Dire "je" n'est donc pas naturel. Je m'entraîne quotidiennement pour y parvenir. Au début cela m'a demandé beaucoup d'attention, mais après quelques mois de pratique, je constate que cela devient plus facile chaque jour.

Faites l'exercice et dites-moi le résultat de vos expériences !

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