Une piste pour guérir l'addiction

Qu'est ce que l'addiction ?

Le terme « addiction » vient du latin addictus qui se réfère à une coutume ancienne par laquelle un individu était donné en esclavage. Dans le sens actuel, c'est devenu l'esclavage d'une personne vis à vis d'une pratique, manger, boire, fumer, jouer, multiplier les relations, sexuelles ou autres. Le mot "addiction" vient de l'anglais. Il y a encore vingt ans, on le traduisait en français par "toxicomanie" qui porte une connotation négative, une forme de jugement. Pourtant l''addiction est d'abord une recherche de plaisir. Même si elle peut conduire à un empoisonnement, elle est rarement reliée à une attitude masochiste. Je souffre de mon addiction, mais ce n'est pas pour endurer de la souffrance que j'y réponds. C'est pour éprouver un plaisir, même s'il est de plus en plus fugace et incertain.

 

A quoi répond l'addiction ?

Nous connaissons tous le mécanisme qui consiste à calmer une tension nerveuse par l’absorption de substances variées, chocolat, café, cigarette... Cette tension psychique peut être d'ailleurs heureuse ou malheureuse. Une grande excitation ou une grande déception vont générer le même besoin.

L'addiction apparaît lorsqu'il y a répétition compulsive du comportement, en général face à une angoisse irrépressible.

 

Pour la psychanalyste, Joyce McDougall  qui a étudié l'addiction pendant plus de cinquante ans :

"Elle est presque toujours une réponse à une souffrance psychique du passé (remontant souvent à l’enfance) et que, comme tous les symptômes d’ordre psychologique, elle se révèle être une tentative enfantine de se soigner" (cf L'économie psychique de l'addiction).

 

D'ou vient l'addiction ?

Pour Joyce McDougall, il ne fait aucun doute que la plupart des addictions sont reliées au rapport mère-enfant."En raison de ses angoisses et de ses peurs et désirs inconscients, une mère est potentiellement capable de créer chez son bébé une relation addictive tant à sa présence qu’à ses soins"  (cf L'économie psychique de l'addiction).

 

Le psychanalyste de référence de la relation mère-nourrisson, Donald Winnicott, considérait qu'une mère "ordinaire, normalement dévouée" (ordinary devoted mother) ne devrait pas passer plus de quelques semaines en état de fusion avec son bébé. Si l'état de fusion perdure, Winnicott était persuadé que cela viendrait perturber l'individuation progressive de l'enfant et le freinerait dans sa capacité à acquérir son autonomie propre.

 

Pour Winnicott, le développement normal du soi (self) passe notamment par la possibilité pour le bébé de pouvoir se retrouver seul, en présence de sa mère. C'est une situation assez paradoxale. La mère est présente, le bébé en a conscience mais elle ne s'occupe pas de lui. Pour Winnicott, cette interaction très précoce (autour de 4 mois), construite autour de la présence-absence de la mère, serait déterminante pour l’accès à l'autonomie future de l'enfant. Lorsque la mère n'est pas en mesure de relâcher son attention sur le bébé, qu'elle est toujours après lui, sans lui laisser de période de présence tranquille, elle pourrait favoriser un terrain addictif. Elle peut également insécuriser son bébé en variant les postures, entre présences intrusives et absences imprédictibles. Lorsque le bébé ne peut pas compter sur la stabilité des comportements maternels, il va chercher à se protéger de ses angoisses par des subterfuges, dont le recours à des gestes auto-hypnotiques. Winnicott a montré l'importance des "doudous" comme objets transitionnels permettant le cheminement de l'enfant de la dépendance vers l'autonomie.Si le comportement de la mère est trop insécurisant, ce recours a un objet transitionnel pourrait ne pas avoir lieu de manière efficace et donner lieu plus tard à des addictions.

 

C'est clairement la thèse de Joyce McDougall :

"La nourriture, les drogues, l’alcool, le tabac, ou autres, peuvent temporairement pallier le stress psychique et, autrement dit, remplir une fonction maternelle que la personne addictée est incapable de faire pour elle-même. Ces objets addictifs prennent alors la place des objets transitionnels de l’enfance (et dont le propre est d’incorporer l’environnement maternel), ce qui en même temps aurait dû libérer l’enfant de son lien de dépendance à sa mère.
"

 

L'addiction apparaît alors comme le marquage toujours présent d'une incapacité que j'ai eu par le passé à me libérer de ma mère. L'addiction serait ainsi une recherche jamais satisfaite des objets transitionnels dont j'aurai manqué durant mes premières années.

 

Pour Joyce Mc Dougall, "contrairement aux objets transitionnels, et bien qu’ils tentent inconsciemment d’en jouer le rôle, les objets addictifs échouent nécessairement dans le fait qu’ils sont des tentatives d’ordre somatique plutôt que psychologiques pour faire face à l’absence ou à la douleur mentale, et ne fournissent qu’un soulagement temporaire à la souffrance psychique."

 

Comment guérir l'addiction ?

Mon expérience personnelle vis à vis de l'alcool m'a montré que le besoin de boire du vin à chaque repas était relié à un besoin de sécurité affective qui m'a sans doute manqué durant ma petite enfance. Je suis arrivé à cette compréhension par des pratiques de connexion par le regard et le toucher qui m'ont permis de revivre des situations de stress d'abandon très anciennes et de faire disparaître certaines angoisses que j'avais à la tombée de la nuit ou dans des situations bien déterminées.

 

Aujourd'hui, je propose ce type de guérison sous forme de séance de 2h. Le début de la séance permet de préparer l'état de relâchement nécessaire au voyage régréssif qui va suivre. Il ne s'agit pas d'hypnose - je ne guide pas avec ma voix et c'est seulement vos ressentis qui sont énoncés durant la séance. Le voyage dans le passé dure 45mn,. Il est accompagné d'une musique douce et se fait dans une position d'immobilité avec seulement les regards connectés. La dernière 1/2h permet de revenir au moment présent et de mettre éventuellement des mots sur le voyage.

 

Le voyage se déroule à Aix en Provence et la participation financière sera librement discutée avant l'organisation de la séance.

 

Y a t-il des risques ?

Ce voyage ne nécessite l’absorption d'aucune substance. Il se déroule avec une connexion permanente des yeux qui permet à la fois de plonger dans le passé mais aussi d'assurer un fort lien de sécurité avec l'accompagnateur durant tout le déroulement.

 

Quelques témoignages :

Pierre : "Je l'ai fait deux fois - la première fois, j'ai revécu sans le savoir mon propre accouchement. J'étais dans la situation de la  mère qui accouche. J'avais besoin de respirer et que l'accompagnant respire avec moi, de façon marquée et rythmée. La 2e fois, j'ai revécu le sentiment d'abandon par ma mère.  Elle s'asseyait au bord de mon lit et avant que je m'endorme vraiment, elle partait. Quand je rouvrais les yeux, je me sentai seul et perdu."

 

Stéphane : "J'ai eu des sensations très particulières. J'avais l'impression de baigner dans une bulle et en même temps j’entendais des sons très forts. En en reparlant avec ma mère, j'ai découvert qu'enceinte, jusqu'à peu de temps avant l'accouchement, elle sortait toujours en boite de nuit et j'ai l'impression de l'avoir vraiment revécu. Même si ça me semble vraiment étrange de pouvoir retrouver un souvenir aussi ancien, j'ai vraiment l'impression de l'avoir retrouvé dans mes sensations, dans mon corps."

 

Claire : " j'ai fait un voyage étonnant, dans des contrées exotiques incroyables, avec des couleurs et des parfums extraordinaires. J'ai beaucoup ri, j'ai même eu un fou rire qui ne pouvait plus s'arrêter".

 

Stéphanie : " j'ai revisité un moment désagréable de mon enfance où je me suis retrouvée coincée par mon frrère et son copain, et je ne voulais pas me laisser toucher et mes parents qui n'étaient portant pas loin ne m'ont pas défendue. Ma mère a même eu l'air de me rerrocher la situation à moi quand elle nous a enfin découvert. Ce n'était pas agréable à vivre mais je sens que cela a libéré quelque chose en moi qui m'empêchait d'accueillir le plaisir".

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